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Google TV : another brick in the wall ?

La semaine dernière, Zenika organisait la première zNight, un événement ouvert à tous, qui permet à des équipes de coder toute la nuit autour d'un sujet imposé.
Malgré l'exiguïté des locaux (mais ça devrait aller mieux bientôt), l'organisation était impeccable, et nous avons pu accueillir une quarantaine de personnes dans une joyeuse ambiance geek/pizza/bonbons.

A événement exceptionnel, sujet exceptionnel : la Google TV, qui devrait débarquer bientôt dans nos contrées.

Un représentant de Google était présent pour nous présenter la bête et nous expliquer, des étoiles dans les yeux, à quel point cela allait changer la façon dont nous regardons la télévision. Personnellement, je n'ai pas ce type d'écran à la maison, mais j'étais curieux de voir ce qu'on pouvait en tirer.

Les challengers

Deux modèles étaient disponibles, celui de Logitech importé des States (Logitech Revue), et un prêté par Sony, plus design (Sony Internet Player).


googletv-logitech.pnggoogletv-sony.jpg

Chacun est livré avec une télécommande sans fil mi-clavier, mi-touchpad, mi-manette (voire mi-molette pour les modèles Lillois).

Mais on notera ici une intéressante différence de conception : celle de Logitech ressemble à un clavier normal augmenté d'un touchpad et de quelques boutons spécifiques, alors que celle de Sony présente l'aspect d'une télécommande plus conventionnelle avec le touchpad en position centrale d'un côté, et un mini-clavier sur l'autre face. La télécommande Sony dispose également d'un gyroscope (sans doute hérité de la PSP ?).


googletv-sony-telecommande.jpg

La Google TV se connecte d'un côté à votre télévision, et de l'autre à une source audio/vidéo - en général, votre box internet. Du point de vue de l'utilisateur, il suffit d'interagir avec le boîtier Google TV, qui se charge de piloter les autres appareils.

Pour le moment, seules les box américaines sont reconnues, mais les françaises devraient évidemment être gérées d'ici leur commercialisation de ce côté de l'Atlantique ; espérons que les constructeurs joueront le jeu de l'interopérabilité.

La Google TV en action

Une fois allumée, la Google TV présente un environnement sobre, d'où il est possible de lancer la télévision (en plein écran ou en incrustation "picture-in-picture"), de naviguer sur Internet avec Chrome, ou de parcourir les applications installées.

Les applications, justement, quelles sont-elles ? Que peut-on faire avec le SDK Google TV ?
Hé bien, pas grand-chose justement, et c'est là une grosse déception venant d'un produit estampillé Google / Android.

Si la plupart des applications Android existantes peuvent être portées directement sur Google TV moyennant quelques restrictions[1], les applications réellement dédiées à ce périphérique risquent de se compter sur les doigts de la main : en effet, il n'existe aujourd'hui aucune API permettant d'accéder aux flux audio ou vidéo transitant par la box.

Horreur ! Stupéfaction !

Impossible donc de savoir quelle chaîne est diffusée en ce moment, d'incruster des informations à l'écran comme le nom de cette actrice physiquement intelligente (ou acteur à tablettes de chocolat, pour vous mesdames), ou l'interprète de la musique de cette publicité qu'on aime tant, celle qui fait "lala lalala la laaa", mais si, vous savez, si seulement on avait le titre... Hé bien non, raté.

Adieu également l'intégration avec Twitter pendant les débats de l'Assemblée (ou Secret Story... chacun ses goûts), le mode karaoké, la reconnaissance de musique, et tout ce qu'on aurait pu imaginer autour de la télévision augmentée. Ce n'est pas encore pour tout de suite.

Cela a d'ailleurs posé problème lors de la zNight. Tous ceux qui étaient venus avec des idées de réalité augmentée sur la télévision ont dû changer leur fusil d'épaule, et se rabattre sur des applications plus basiques.

Certaines équipes ont tenté d'utiliser Anymote, un protocole permettant la communication entre le boîtier et un téléphone Android ; mais elles se sont rapidement aperçues que la librairie - bugguée - ne permettait qu'une communication uni-directionnelle, et ont dû se résoudre à ouvrir une bonne vieille socket pour bénéficier de la bi-directionnalité.

Certaines autres ont tenté une approche plus graphique, consistant à afficher de jolies compositions graphiques à l'écran (à la mode Winamp, si vous vous rappelez). Là encore, le mauvais support d'OpenGL et la faible puissance de la machine ont rapidement découragé les meilleures volontés.

A prendre... ou à laisser

Au final, que reste-t-il à la Google TV ?

A mon avis, pas grand-chose en l'état actuel.
Privée des API audio/vidéo qui auraient pu faire son succès, la Google TV n'est plus rien d'autre qu'un Android connecté à un grand écran. Certes, on pourra y lire ses tweets ou se connecter à facebook, mais qui aura envie de faire cela dans son salon, au vu et su de toute la famille ?
Peut-être une version 2.0 corrigera-t-elle ces problèmes, mais il sera alors trop tard. Les early-adopters technophiles auront sûrement été échaudés par la première version.

Alors, la faute à qui ? A Google, qui a sorti un produit à moitié fini ? Ou aux majors qui auraient sûrement montré les dents devant les possibilités de "piratage" offertes par des API audio/vidéo complètes ? Aucune idée, mais le gâchis est là.

Pour terminer sur une bonne note, et même si la Google TV m'a profondément déçu, je ne peux que vous conseiller de venir participer à la prochaine zNight, car l'ambiance est très sympa. Et cela fait du bien d'avoir plusieurs heures d'affilée à consacrer à un sujet sympa, sans interruption - ça change du boulot !

Notes

[1] Par exemple, la Google TV ne fait pas téléphone, et est toujours au format "paysage".


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